Samuel Champlain
1567-1635)

C'est en 1613 que Samuel de Champlain a rencontré pour la première fois l'un des plus célèbres chefs des Algonquin, connu sous le nom de Tessoüat, chef des Kichesipirinis ou Algonquin de l'île.

À l'automne de 1611, une fois la saison de commerce des fourrures terminé, le jeune homme Nicholas de Vignan a été autorisé à partir avec un groupe d'Algonquin, passé l'hiver dans leurs lieux lointain. Cette pratique de permettre un jeune Français de passer l'hiver avec un groupe autochtone était chose courante puisque ça permettait aux Français d'obtenir plein d'informations utiles et importantes une fois son retour.

Après son séjour chez les Algonquin de l'Île aux Allumettes, au printemps de 1612, Vignan est retourné à Québec et repris la route de la France pour y arriver la même année.

Une fois en France, de sa pure imagination, il a fabriqué une histoire afin d'impressionner Samuel de Champlain. Il lui aurait raconté qu'au Nord de l'Île aux Allumettes, de la rivière des Outaouais, il y avait un lac qui se vidait dans la rivière des Outaouais et qu'on pouvait également y trouver à ce lac, une autre rivière qui se vidait dans une mer salée.

On se souviendra qu'à l'époque, tous les grands explorateurs cherchaient le passage pour l'Inde, pays des fines herbes, des épices et des grandes richesses.

L'histoire du jeune homme a effectivement impressionné Samuel de Champlain. Appuyé du contre interrogatoire effectué par une tierce partie et de l'affidavit du jeune homme qu'il a fait devant deux notaires, Champlain a rencontré les autorités afin de les convaincre de se faire financer un prochain voyage dont la destination principale était l'Île aux Allumettes et le Nord de la rivière des Outaouais. Encouragé par la grande découverte possible et le passage d'un nouveau monde, Champlain a obtenu les autorités et les deniers nécessaires pour entreprendre cette expédition.

Champlain a quitté Honfleur, le 6 mars 1613 et est arrivé à Québec, le 7 mai de la même année.

Une fois arrivée à Montréal, Champlain a organisé une équipe restreinte afin de se rendre à l'Île aux Allumettes, ayant à bord, comme guide, le jeune Vignan. Il a quitté Montréal, le 27 mai 1613 pour sa destination principale.

 

Selon les récits de Champlain, le voyage jusqu'à l'île en n'était pas un de tout repos. Lui et son équipe ont dû surmonter plusieurs obstacles (récifs, nombreux et difficiles portages, rapides, forêts denses, etc) tout au long de leur parcours.

Une fois arrivée à l'Île aux Allumettes, quelque temps en juin, c'est à ce moment qu'il a rencontré pour la première fois, l'un des plus grands Chefs des Algonquins, Tessoüat, chef des Kichesipirinis. Le Chef Tessoüat a été bien étonné de voir apparaître Champlain et son équipagee sur son île puisque le situs de leur campement était en quelque sorte protégé des ennemies à cause des rapides qui entouraient ladite île. Malgré cette grande surprise, il a été très bien accueilli et a eu droit à une célébration d'honneur.

C'est dans le cadre des discussions de cette célébration que Champlain a dévoilé au Chef, le but de son expédition, à savoir, qu'il venait pour découvrir la rivière du nord qui l'amènerait à la mer salée.

L'histoire imaginaire de Vignon a été mal accueillie par le Chef et les autres autochtones présents à la célébration puisque Vignon, lors de son séjour hivernal, n'a jamais quitté l'île. Presque hystérique, les autochtones traitaient Vignon de menteur, de traître et insistaient à ce que Champlain lui remette le jeune homme afin qu'ils se rendent justice de cette traîtrise.

Dans les heures qui ont suivit cette confrontation, perplexe devant ces deux histoires diamétralement opposées, Champlain a rencontré isolément Vignon et lui a proposé deux options. La première option et dans le but d'éviter d'encourir plus de frais à l'entreprise, de perdre plus de temps et surtout de stopper faussement les lueurs d'espoir d'avoir accès à la mer via la rivière des Outaouais, il a proposé à Vignon qu'il lui dise la vérité et qu'en échange, il le protégerait contre les Indiens, qu'il ne déposerait pas de plaintes criminelles contre lui pouvant aller jusqu'à la pendaison, une fois son retour en France. La deuxième option était celle que l'entreprise continuait son expédition selon son récit, qu'il avait si bien livré et qu'à défaut de trouver ledit passage amenant à la mer salée, qu'il allait être accusé au criminel et subir les conséquences d'une décision défavorable. Finalement, afin d'être assuré d'être épargné d'une pendaison certaine, Vignon a opté de dire la vérité en avouant sa fabrication.

Enfin, n'ayant plus d'intérêts à poursuivre son expédition sur la rivière des Outaouais, Champlain a invité Tessoüat à l'accompagner et d'envoyer une expédition au poste de traite situé aux chutes St-Louis où ils trouveraient amplement de biens, de commodités en échange de leurs produits de chasses.

L'offre a presque immédiatement été acceptée par le Chef et celui-ci envoya de l'Île aux Allumettes, d'un premier temps, une quarantaine de canots remplis de fourrures. D'autres Algonquin se sont joints au groupe en cours de route et ils étaient, au total, tout près de quatre vingt canots une fois arrivée à Montréal.

Afin de garder un certain contrôle des échanges avec les Français, les Algonquin fréquentaient et troquaient avec les nations des Grands Lacs et décourageaient les Français à s'aventurer plus haut que l'Île aux Allumettes.

Les Algonquins conserveront leur position d'intermédiaire jusqu'en 1615. Après cette date, les Algonquin de l'Île ne pourront plus empêcher la circulation sur la rivière.

Par contre, tous ceux qui franchiront leur territoire devront payer des frais de passage pouvant atteindre jusqu'à 50% de la marchandise qu'ils possédaient, dans un sens comme dans l'autre.


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